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Christian de Boisredon, fondateur de Sparknews et Pasquale Ferrara de SRF à Médias En Seine © Franck Moilier

Journalisme de solutions : un levier d’engagement pour l’avenir des médias

Partenaire du festival Médias en SeineSparknews a proposé sa vision sur du journalisme de solutions comme journalisme de demain lors d’une rencontre au studio 106 de la Maison de la Radio. Une perspective engageante et engagée pour l’avenir de l’industrie.

Le 22 novembre dernier, Les Echos et Franceinfo se sont associés afin d’organiser la première édition du festival Médias en Seine, dans le but d’imaginer à quoi vont ressembler les médias de demain. Des rencontres, des débats, des ateliers et des conférences se sont succédés tout au long de la journée aussi bien au siège du groupe Les Echos — Le Parisien que dans les studios de Radio France, autour de la question de l’avenir de la presse, de la radio, de la télévision.

L’avenir des médias

Un avenir qui n’a rien de certain à l’heure actuelle. Patrons et professionnels des médias français, annonceurs et grand public se sont donnés rendez-vous pour dialoguer et analyser le tournant auquel fait face le secteur, dans un contexte global marqué par la révolution numérique et par la remise en question des modèles économiques et éditoriaux qui en découle.

Engagement des audiences, intelligence artificielle et réalité virtuelle, stratégie face à prolifération des fausses nouvelles, recherche de nouveaux modèles économiques et mise en place de partenariats et d’alliances stratégiques ; les sujets, divers et variés, ont touché toutes les sphères du paysage médiatique français et international. De CNN à la presse quotidienne régionale française, quelques 150 intervenants dont Sparknews ont répondu présent à l’appel des organisateurs afin de creuser avec le public des pistes pour réinventer l’info, son modèle économique, l’entertainment et, surtout, le rôle des médias à l’heure actuelle et dans les prochaines décennies.

Personne n’est prêt à payer pour de l’info… qui n’est pas de qualité © Médias en Seine

Un journalisme à valeur ajoutée

Si cette remise en question de l’avenir et du rôle des médias n’a rien de nouveau, la démarche du festival relève d’une volonté partagée par la plupart d’acteurs de l’industrie : celle d’apporter des réponses concrètes à la crise de confiance installée entre les médias « traditionnels » et leurs audiences, à travers la collaboration entre les acteurs publics et privées du secteur et ce, au-delà des frontières de l’Hexagone.

Force est de constater que, à l’aube de la société tout-numérique et tout-mobile, les médias traversent une transformation comparable à celle vécue lors de la parution de l’imprimerie, de la radio ou encore de la télévision. Et si la première bouleversée par ce nouveau modèle a été la presse écrite, a rappelé lors de l’ouverture du festival Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, les interrogations se propagent dorénavant largement à la radio et à la télévision.

Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, lors de son discours d’ouverture de Médias en Seine © Eve Demumieux

La quête de sens du journalisme ?

« La question qu’on se pose tous, c’est la question de la survie dans ce nouveau monde numérique, mais plus largement c’est aussi celle du sens de notre métier et de notre raison d’être », a-t-elle souligné. Une inquiétude partagée aussi bien par les acteurs médiatiques français que par leurs homologues européens, voire internationaux, et qui nécessite d’une réponse commune et une stratégie concertée.

Dans un monde miné par la concurrence et la différentiation, les médias se tournent désormais vers plus de collaboration, plus d’alliances entre les rédactions, tout en défendant leur pluralité. Face à la chasse au buzz, a renchéri la patronne de France Télévisions, il s’agit désormais d’opposer « un journalisme à valeur ajoutée », qui aide à comprendre la complexité des enjeux sociétaux.

Une telle réinvention du journalisme est d’autant plus nécessaire pour retisser le lien avec les nouvelles générations qui, bien que friandes d’information et d’actualités, se détournent de plus en plus des médias, et des formats, traditionnels. Au-delà de la conception de nouveaux procédés de storytelling et de nouvelles technologies, de plus en plus de professionnels des médias partagent le constat du besoin impérieux de montrer la société telle qu’elle est.

Un dessin de presse pour Politico sur les discours de haine et leur couverture médiatique aux Etats-Unis © Matt Wuerker

Une vision plus réelle du monde

Dans cette optique, le journalisme de solutions, ou d’impact, apparaît comme un des leviers pour non seulement renouer le lien entre les médias et les citoyens, mais aussi pour remettre à l’équilibre les informations disséminées dans la société, pour refléter le monde dans toute sa complexité, y compris les nouvelles qui redonnent espoir.

« On le confond souvent avec du journalisme positif, mais le journalisme de solutions va au-delà des ‘bonnes nouvelles’ », a expliqué Christian de Boisredon, fondateur de Sparknews, lors de son intervention dans le studio 106 de la Maison de la Radio, « Il présente un réel intérêt en termes d’impact positif pour le public, qui est épuisé face aux mauvaises nouvelles et aux catastrophes, mais aussi pour les médias ». L’entreprise sociale française, à l’origine de plus d’une dizaine d’opérations éditoriales « de solutions » en partenariat avec des grands journaux à travers le monde, dont l’Impact Journalism Day et Solutions&Co, accompagne les médias dans cette aventure depuis 2012.

Unes des journaux membres de l'allaince médiatique de l'Impact Journalism Day 2018 © Anna Maheu, Sparknews

Des expériences réussies

Des retours positifs de lecteurs ou téléspectateurs à l’engagement des annonceurs, en passant par une satisfaction accrue des journalistes couvrant ces sujets, les bénéfices du journalisme de solutions ne sont plus à prouver. En Italie par exemple, Corriere della Sera l’a bien compris. Depuis 2017, le quotidien italien de référence publie tous les mardis un supplément d’une trentaine de pages baptisé « Buone Notizie », dédié à l’innovation sociale et aux projets positifs. Résultat : depuis sa parution, le journal vend 10 000 exemplaires en plus chaque mardi.

Christian de Boisredon a reçu Elena Comelli du Corriere della Sera.

De l’autre côté de la frontière, en Suisse, c’est la chaîne publique SRF qui a agrémenté son émission d’actualité 10 VOR 10 avec une rubrique hebdomadaire sur les solutions concrètes, « Die Idee », qui connaît un succès retentissant auprès de son audience. Aux côtés de Christian de Boisredon, Pasquale Ferrara, producteur de l’émission, a partagé avec le public du festival une missive — écrite à la main et reçue par voie postale — d’une téléspectatrice : « Toutes ces nouvelles peuvent paralyser ou faire en sorte qu’on trouve des excuses pour agir. Il y a aussi des choses positives qui se passent chez nous et dans le monde entier. Il faut de plus en plus parler de ces sujets, exactement comme vous le faites déjà tous les vendredis soir. Continuez ainsi s’il vous plaît ! »

Si la mise en place d’un tel projet n’a pas été facile, notamment en raison des réserves d’une partie de la rédaction concernant le journalisme de solutions, le producteur a insisté sur la nécessité pour les médias d’adopter cette approche pour offrir une vision plus « réelle » du monde dans lequel on vit. « Le journalisme de solutions reste du journalisme », a-t-il tranché, en ajoutant que, une fois les réserves surmontées, les équipes de l’émission ont désormais le sentiment d’offrir une vraie valeur ajoutée à leur public. Une valeur ajoutée nécessaire pour l’avenir et qui pourrait à terme, avec d’autres, aider façonner les médias de demain.

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