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De la confrontation à la co-construction, voyage du Club de l’Innovation Positive

Ce jeudi 4 juillet, les membres du Club de l’Innovation Positive qui n’étaient pas encore en vacances ont été invité·e·s à partir en voyage. Sans sortir de la salle, les participant·e·s ont pu réfléchir aux conflits existants dans l’entreprise. Que ce soit avec les salarié·e·s, fournisseur·se·s ou client·e·s, comment passer à une relation de coopération ? Après une introduction par Sébastien Henry, huit projets ont présenté leur approche de la co-construction.

Sandra De Bailliencourt au Club de l'Innovation Positive, jeudi 4 juillet © Carolina Rosendorn, Sparknews

Les moments d’inactivité au service de la flamme créative

Sébastien Henry a ouvert cette soirée en nous décrivant un combat de cerfs. Lors de leur confrontation, tête contre tête, ils se retrouvent immobiles, ont un champ de vision réduit et la frustration monte. Il en est de même pour les confrontations en entreprise. La solution lors de ces moments de conflits n’est donc pas de se faire face violemment, mais de prendre un autre chemin pour trouver une solution. Ces chemins peuvent être imaginés lors de moments de créativité. Or, nous avons remarqué après un exercice groupé que nous n’en vivons pas forcément beaucoup dans notre vie professionelle. Sébastien Henry nous a donc rappelé qu’il est important de prendre des moments d’inactivité dans notre vie quotidienne pour nourrir notre flamme créative et ainsi faire de nos échanges une source de collaboration plutôt que de confrontation.

Sébastien Henry mimant un combat de cerfs au Club de l'Innovation Positive du 4 juillet 2019 © Carolina Rosendorn, Sparknews

Transformer le Boycott en Buycott

Premier pitch de la soirée, Adèle Ghiselli et Bulent Acar de I-Boycott, nous ont montré comment améliorer une arme classique de protestation, le boycott. En effet, une entreprise boycottée peine à rétablir le dialogue. On peut néanmoins valoriser la consommation éthique avec des échanges constructifs : c’est le boycott bienveillant. Chaque utilisateur·ice de l’application I-Boycott peut lancer une campagne pour signaler son mécontentement mais aussi instaurer un dialogue entre consommateur·ice·s et l’entreprise. Cette dernière a deux options : proposer un meilleur produit ou ignorer les demandes. Dans ce cas, I-Boycott centralise des alternatives proposées par les utilisateur·ice·s, incitant ainsi au buycott. Et vous, êtes-vous prêts à dialoguer plutôt qu’à réclamer ?

Adèle Ghiselli et Bulent Acar au Club de l'Innovation Positive du 4 juillet 2019 © Carolina Rosendorn, Sparknews

Scanner pour co-créer

Caroline Péchery de ScanUp nous a aussi proposé d’aller plus loin dans le boycott des produits qui ne s’accordent pas à nos valeurs. Son application offre un espace de dialogue à partir du scan des produits par les consomateur·ice·s, comme ceux de Yuka. Au lieu de faire pression sur les entreprises, comme dans le boycott classique, et de les laisser trouver des solutions par elles-mêmes, ScanUp centralise les propositions d’améliorations. Nous pouvons ainsi, en co-construction avec les entreprises, créer des produits à l’image de nos attentes. Il reste à convaincre toutes les entreprises de créer des produits en collaboration avec les consomateur·ice·s.

Caroline Péchery et sa table ronde au Club de l'Innovation Positive du 4 juillet 2019 © Carolina Rosendorn, Sparknews

L’éthique au coeur du produit, de la conception à la production

S’il y a une direction où le conflit est régulier, c’est bien celui des achats : entre logique de marges et besoins des fournisseur·se·s. FairlyMade propose une nouvelle chaîne de production au sein des entreprises de prêt-à-porter. Symbolisée par la fast-fashion, celles-ci font souvent face à des dilemmes de coûts et quantité de production allant à l’encontre d’une production éthique et de qualité. Camille Le Gal et sa co-fondatrice leur présentent une alternative en identifiant des usines certifiées, des nouveaux matériaux mais aussi en simplifiant la chaîne de production et en la rendant transparente. Cette entreprise crée ainsi en marque blanche des collections éthiques pour des grandes marques, en tissus écoresponsables ou recyclés, manufacturées dans des conditions dignes. Et vous, savez-vous d’où viennent les produits que vous vendez?

Camille Le Gal au Club de l'Innovation Positive du 4 juillet 2019 © Carolina Rosendorn, Sparknews

De la défiance à la confiance

Comment aider les employé·e·s d’une entreprise de 350 personnes à faire confiance à la petite entreprise de 30 personnes qui les a racheté·e·s? C’est le défi qu’a relevé Bergams ! Hugues de Tailly nous a raconté comment, à la fusion de son entreprise avec le Kiosque à Sandwiches, une stratégie a été mise en place pour mettre l’humain au coeur de leurs valeurs. Cette entreprise de snacking valorise les emplois qu’elle crée là où elle est installée. Dans l’usine de banlieue nord parisienne (Grignon), on s’évertue à offrir des opportunités de stage aux jeunes des alentours. Ceux-ci peinent habituellement à accéder à des expériences professionelles faute de réseau. Depuis la fusion en 2016, c’est une communauté humaine, solidaire et digne de confiance qui s’est ainsi créée.

Hugues de Tailly au Club de l'Innovation Positive du 4 juillet 2019 © Carolina Rosendorn, Sparknews

Collaborer pour mieux recruter

Simplon est une entreprise qui réalise d’une pierre deux coups : une pénurie de codeurs et codeuses et un fort taux de chômage chez certaines populations. À l’école Simplon, des migrant·e·s et des personnes déscolarisées sont formé·e·s aux métiers du numérique. En plus de cette formation, les partenariats avec de grandes entreprises telles qu’Orange leur permet de trouver un travail à la sortie de l’école. Les entreprises quant à elles recrutent des talents dont elles sont en manque tout en développant la diversité chez leurs employé·e·s. Dans le secteur du numérique encore très discriminant, cette diversité est vitale pour s’assurer que la technologie est développée par tous, et surtout, pour tous.

François Durollet et Emily Layet au Club de l'Innovation Positive du 4 juillet 2019 © Carolina Rosendorn, Sparknews

La nouvelle génération veut co-construire son futur

Le manifeste étudiant pour un réveil écologique compte aujourd’hui 35 000 signataires. Leur déclaration : la jeune génération ne veut pas travailler pour des entreprises qui polluent ou ne respectent pas la dignité humaine. Le succès de ce manifeste montre une détermination à changer le modèle économique qui met en danger la vie sur cette planète. En utilisant l’argument du recrutement, ce manifeste fait pression sur les entreprises pour qu’elles modifient leur fonctionnement. Des discussions ont également lieu pour encourager cette transition de l’intérieur.

Matthieu Sattler et Claire Egnell au Club de l'Innovation Positive du 4 juillet 2019 © Carolina Rosendorn, Sparknews

Des étudiants offrent un nouveau point de vue aux entreprises

Un groupe de jeunes centré sur l’action: c’est le pari de Youth Hacktivators. Ce collectif de jeunes vise à apporter des nouvelles perspectives aux marques qui souhaitent s’adapter aux besoins du monde à venir. Comme le manifeste étudiant pour un réveil écologique, Youth Hacktivators s’inscrit dans une mouvement plus large de jeunes cherchant à exercer de la pression sur les entreprises pour les pousser au changement !

Florent Faucher au Club de l'Innovation Positive du 4 juillet 2019 © Carolina Rosendorn, Sparknews

Nous remercions également les salarié·e·s sourd·e·s et muet·te·s d’Ethik Connection. Au bar, nous avons appris à commander en langues des signes, et deviné quelques mots simples comme innovation, diversité et vin. Une expérience qui nous a plongé dans les enjeux auquels les personnes handicapées peuvent faire face.

Le bar d'Ethik Connection au Club de l'Innovation Positive du 4 juillet 2019 © Carolina Rosendorn, Sparknews

Merci à tous les intervenants et rendez-vous le 10 septembre pour la prochaine rencontre du Club de l’Innovation Positive !

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