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Biodiversité : la 3ème soirée du Club Science & Innovation Positive par Sparknews et SoScience © SoScience

Que peuvent les entreprises pour la biodiversité ?

Le 19 mars 2019, les membres du Club Science et Innovation Positive ont partagé une soirée autour du thème de la biodiversité. Alors que le déclin du vivant menace toutes les espèces, à commencer par la nôtre, quel est le rôle des entreprises pour protéger cette richesse écosystémique ? Réponses avec BeeoDiversity, Kinomé, Urbalia, Spygen, Chimex et CDC Biodiversité: des entreprises qui investissent dans la science pour relever ce défi.

Luc Abbadie, professeur d’écologie à Sorbonne Université et président du Conseil Scientifique du Muséum National d’Histoire Naturelle présente un état des lieux de la biodiversité au Club Science et Innovation Positive le 19 mars © Theresa Aston, Sparknews

Biodiversité : entre enjeu de protection et source d’opportunités pour les entreprises et territoires ? Une présentation de Luc Abbadie.

Luc Abbadie, professeur d’écologie à Sorbonne Université et président du Conseil Scientifique du Muséum National d’Histoire Naturelle a ouvert cette soirée en livrant un état des lieux de la biodiversité. Sur les 30 dernières années, 30% des effectifs des populations d’oiseaux ont disparu en France. Les principales causes de cette perte de biodiversité sont l’artificialisation des terres et le développement de l’agriculture intensive. La situation est grave: la crise de la biodiversité est sans doute plus alarmante que celle du climat mais elle a beaucoup plus de mal à être médiatisée. Face à ce constat, le premier rôle du scientifique selon Luc Abbadie est d’observer et d’analyser avec une approche systémique la complexité du monde qui nous entoure. Une touche d’espoir néanmoins : l’écologie scientifique française dispose d’une expertise reconnue internationalement avec l’université de Montpellier classée première mondiale en écologie au sein du classement de Shanghai en 2018. Cependant, un gouffre demeure entre la création de connaissances et son application dans le monde de l’entreprise, laissant un potentiel d’innovation sous-exploité.

Antoine Cadi, Directeur recherche et innovation chez CDC Biodiversité, et Jean-Jacques Schoonjans, Directeur du laboratoire de biotechnologies chez Chimex dans une table-ronde animée par Roxane Bibard de SoScience au Club Science et Innovation Positive le 19 mars © Theresa Aston, Sparknews

Une exploration des approches des entreprises en matière de biodiversité : Chimex et CDC Biodiversité.

Antoine Cadi, Directeur recherche et innovation chez CDC Biodiversité, et Jean-Jacques Schoonjans, Directeur du laboratoire de biotechnologies chez Chimex ont ensuite échangé sur les opportunités qu’offrent la biodiversité pour les entreprises et les territoires. Face au risque d’instabilité des services écosystémiques, Antoine Cadi enjoint chaque entreprise à intégrer la biodiversité dans sa réflexion en amont et à s’engager dans des actions de régénération. Il va plus loin : c’est en restaurant et en préservant cette nature qu’on découvrira les solutions qu’elle peut apporter elle-même aux grands changements que nous expérimentons. Avec la même philosophie, Chimex s’engage à adopter une approche gagnant-gagnant avec la nature pour ne pas exploiter la biodiversité mais au contraire participer à sa régénération. L’entreprise l’a notamment mise en pratique avec un programme d’approvisionnement durable en Bolivie mais aussi via la culture cellulaire végétale in vitro qui permet de produire des molécules initialement issues du végétal sans piller la biodiversité.

Bach Kim Nguyen, fondateur de BeeoDiversity, pitche en 3 minutes son projet au Club Science et Innovation Positive © Theresa Aston, Sparknews

BeeODiversity : une légion d’abeilles pour mesurer le déclin du vivant

A la fin d’un contrat de recherche sur la disparition des abeilles en Europe en 2012, Bach Kim Nguyen a créé Beeodiversity autour d’un dilemme : comment créer de la valeur économique en préservant la biodiversité ? Il a donc développé un outil scientifique, le beeOmonitoring, où les abeilles collectent des données sur la qualité de l’environnement des entreprises et collectivités territoriales. Grâce à ses colonies recensant chacune environ 50 000 abeilles qui rapportent 4 milliards d’échantillons, Beeodiversity peut faire un état des lieux de l’environnement sur une zone donnée et proposer un accompagnement sur le long-terme.

Echanges avec Damien Khun, responsable développement international chez Kinomé au Club Science et Innovation Positive © Theresa Aston, Sparknews

Kinome : Impliquer les entreprises dans la valorisation des mangroves

La mangrove est l’un des écosystèmes les plus riches et les plus interconnectés de la nature, représentant un réservoir immense en matière de biodiversité. Depuis 10 ans, Kinome revalorise durablement cette forêt et protège la biodiversité que celle-ci abrite. Cette association fondée en 2005 dans le but d’assurer la protection et la sauvegarde de cet écosystème en Afrique est membre du collectif 5Deltas, un réseau de 14 ONG locales et internationales, toutes engagées dans la protection de cet écosystème en incluant les populations locales.

Paula Mugnier, cofondatrice d’Urbalia, identifie avec les membres du Club Science et Innovation Positive les freins et les leviers d’action des entreprises pour la biodiversité © Theresa Aston, Sparknews

Urbalia : quand villes et biodiversité fonctionnent ensemble

70% des espèces s’invitent spontanément dans nos villes, selon Paula Mugnier, cofondatrice d’Urbalia, une présence qui s’accompagne de nombreux services écosystémiques. Urbalia place donc la biodiversité au cœur de la conception et la construction des villes de demain pour améliorer résilience et le bien-être des urbains. Alors que le sujet de la biodiversité apparaît de plus en plus central, la majorité des entreprises vont rarement au-delà de la mise en place de ruches. Il s’agissait donc de déterminer en atelier quels sont les freins et surtout les leviers d’action pour aller plus loin.

Jonathan Grondin, responsable du pôle service chez Spygen présente aux membres du Club Science et Innovation Positive comment mesurer son impact sur la biodiversité © Theresa Aston, Sparknews

Spygen : l’ADN environnemental pour comprendre la biodiversité

SPYGEN est un laboratoire d’expertise scientifique et de recherche appliquée spécialisé dans l’étude de la biodiversité aquatique et terrestre grâce à l’ADN environnemental (ADNe). L’ADN environnemental est une méthode innovante et non invasive développée pour monitorer et protéger la biodiversité. Pionnier dans le domaine, SPYGEN propose des partenariats avec les bureaux d’études pour utiliser cette méthode dans le cadre d’inventaires de milieux aquatiques et terrestres. Tous les bénéfices de cette entreprise à mission sont réinvestis dans leur projet phare Observatoire de la biodiversité par l’ADN environnemental — ALIVe (All Life InVentory using eDNA).

Retours d’experience des membres du Club Science et Innovation Positive autour de la thématique de Paula Mugnier “Comment aider les entreprises à avoir un impact positif pour la biodiversité sur leur site?” © Theresa Aston, Sparknews

Le Club Science et Innovation Positive

Sur la base d’un membership annuel, le Club Science et Innovation Positive,lancé en juillet dernier réunit les directeurs R&D et Innovation de grands groupes, et les instituts de recherche qui souhaitent contribuer à la transformation positive des organisations. Retrouvez les compte-rendus de la première soirée du club sur l’Intelligence Artificielle, et de la seconde sur les low-tech. Vous êtes intéressé·e par les innovations dans la protection de la biodiversité ? Découvrez l’opération médiatique de Sparknews Earth Beats.

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